J’ai écouté hier une interview de Martin Parr à propos de son boulot, de l’agence Magnum, de la photo amateur, et de l’ascension de Flickr. On peut écouter, c’est sur le blog Tous Photographes! - A discussion with Martin Parr (en anglais).
Martin Parr (site officiel) est un photographe dont l’oeuvre, très actuelle, est vraiment pas conventionelle. Il est anglais, ironique et membre de l’agence/coopérative Magnum. Il a une approche sociologique du documentaire, ses photos, parfois ennuyeuses au possible, parfois trop colorées, ont toujours une dimension de commentaire social. Un oeil super lucide sur la société. Un fou avec des idées de malade.
Et là, il parle de Flickr, au sujet d’une expo de photos amateurs au Musée de l’Elysée à Lausanne : La mutation de la photographie amateur à l’ère numérique. Flickr est actuellement le plus gros album de photos amateur, la plus grosse collection d’images personelles
Selon Martin Parr (et je le rejoins là) la majeure partie des photos postées sont sans intérêt : des clichés cliché avec tout ce qu’on peut en attendre, les gens qui sourient etc. Il a même une expression choc : les photos amateur sont de la propagande familiale : on photographie les gens quand ils sont joyeux (mariage, enfants qui sourient) mais on “gomme” les moments moins joyeux si également importants (enterrements,…). Comme si l’on ne voulait montrer que cette vision factice et modèle de la famille. De rares moments de joie/rassemblement, etc, resteront enregistrés pour toute une vie. De la photo amateur sans intérêt, c’est ce qu’on trouve majoritairement sur Flickr (par exemple c’est ce qu’on trouve sur mon compte à plus de 50%, mais la plupart sont privées :p ). L’ère de la photo numérique a donné naissance à l’ère de la photo jetable. On shoote on shoote on shoote, on jette (je sais, quand j’ai un numérique je le fais). Et personne ne viendra regarder. Mais il y a aussi quelques amateurs qui publient sur Flickr. Pas des photographes amateurs du dimanche (ou du 25 décembre) mais des véritables amateurs éclairés (des gens qui shootent encore en film, des gens qui testent des choses différentes ou qui tentent d’émuler leurs photographes fétiches). Et c’est ceux-là qui tirent la qualité de Flickr vers le haut.
Le point de vue de Martin Parr, c’est que d’ici cinq ans, Flickr va muter : ces photographes “de qualité” vont avoir l’occasion de se professionnaliser grâce à Flickr qui deviendra alors une agence photographique, un équivalent de Magnum, avec dix-mille fois le nombre de photographes. Flickr pourrait proposer des commissions pour les photos, faire l’intermédiaire entre rédactions de journaux et photographes amateurs présents lors d’un évennement, on se souvient par exemple des photos prises avec des mobiles pendant les attentats de Londres il y a deux ans (ce n’était pas Flickr l’intermédiaire, mais le principe a déjà marché). Le citoyen/reporter aurait alors la possibilité de monétiser ses “reportages”. Alors bien sûr, hein, les buzzwords 2.0 ça fait joli dans le texte, hein, même si je crois pas à cette grande foire à tout qui ne rend rien mais ça n’empêche pas. La perspective n’est pas à ignorer. On ne peut pas imaginer que la qualité de tous les photographes hypothétiquement mis en avant par Flickr égale celle des photographes d’une agence comme Magnum. Le nouveau Capa, le nouveau Cartier-Bresson, il faut encore les trouver, et je ne pense pas qu’ils utilisent Flickr. Mais bon, comme c’est l’ère de la photo jetable, la qualité importe moins que la pertinence. C’est ce qui pourrait permettre à Flickr de proposer ces services d’agence. Et puis hein, c’est intéressant, on a des photos qui sont moins bonnes, comme ça elles sont moins chères, et pour que le public ait l’impression d’y gagner quand même, on dit bien qu’elles sont issues de Flickr, de l’interweb communautique, et le tour est joué. Un photographe a gagné 50% de la commission parce que ses photos sont un peu mieux que les autres, un journal illustre son actualité pour pas trop cher (libé ne le fait-il pas déjà?), et pis Yahoo est content d’avoir acheté Flickr qui commence enfin à transformer les contenus mis en ligne par la communauté en espèces sonnantes et trébuchantes.
Enfin bon, c’est pas dit que ça se passe comme ça. C’est juste un mot de Martin Parr qui m’a paru assez pertinent au vu de l’évolution de l’information, de Flickr et des sites communautaires à participativité ajoutée.
De toute façon, si tout ça devient vraiment une histoire de gros sous il y aura toujours des pimpoyes qui feront ce qu’ils font juste pour le plaisir. Et c’est pas plus mal.
PS: si vous voulez me faire écrire dans mon blog, offrez-moi du champagne, ça marche pas mal.

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Posté par Joachim.
c’est un peu plus intéressant quand c’est déchiré… enfin, je trouve

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Posté par Joachim.
Aaah, mon Menokta, l’appareil qu’il fait des belles photos.
Là c’est pris de ma fenêtre un jour où il faisait soleil. En fait c’était en avril. Depuis il a plu.
Pour continuer dans les portraits, en voilà deux que j’ai faits lors de la soirée Péniche, là où des jeunes vont sur un bateau, consomment de l’alcool et ne se souviennent de rien le lendemain, et ça sans pour autant être filmés par m6.
Bref, les photos…

Greg

et j0hn
J’avais promis de poster quelques photos récentes, et comme beaucoup sont réussies je vais en poster beaucoup, mais petit à petit.

Un autoportrait, pour commencer. C’est un des trois portraits de moi dans les deux films en question et c’est le seul qui ait été pris par moi. J’avais mon appareil sur le ventre, j’ai visé au jugé et je me retrouve avec une composition tout à fait sympathique. J’en suis pas mécontent.
La suite des photos, c’est plus tard.

Voilà une une Empty Dorway qui peut vouloir dire beaucoup pour certains.
Il était trois heures du matin, j’avais encore l’esprit pris par la soirée passée sur un pôvre visage manga en 3D. C’est à ce moment là qu’on se sent le plus éveillé, mais pourtant on est complètement engourdi. Pas de réflexes, juste de la présence d’esprit. C’est là qu’on trouve des idées bizarres et qu’on pense qu’elles sont révolutionnaires. C’est le moment où tous nos sens se réveillent après une veille voulue. On recommence à voir après avoir été aveuglé par l’écran, on recommence à entendre après avoir été assourdi par la musique, on sent le sol sous ses pieds, le mur sous les doigts, un gout un peu âpre dans la bouche …
On ferme les yeux pour se détendre, et quand on les rouvre, on est éblouis par la lumière qui provient de là où on l’attend le moins…

Un regard jeté par la fenêtre est c’en est fini, on sait que demain sera humide, demain la route sera mouillée, demain il fera froid …

Alors que ce soir il fait encore chaud, le corps engourdi n’a pas le temps de sentir qu’il a froid … pourtant on frissonne bizarrement … Comme si le voisinage avait été kidnappé par des extraterreux venus de l’autre côté de la lune …
Le silence absolu n’est pas pesant. Il est irréel. Tout est si loin des tubes des années 60 qui innondaient nos oreilles si peu de temps auparavant.
Les plus faibles sources de lumière deviennent des astres autour desquels se créent des univers qui disparaissent à la première lueur du jour.
Là, on ne peut s’empêcher de faire le tour de la maison pour éteindre toutes les lumières que le train-train quotidien a oublié.

Allez, ce soir je vais me coucher tôt …
(trop tard)
J’ai pris ces photos l’autre jour, quand des pingouins avaient pris le contrôle des quais de Bordeaux. Ces pingouins ont beaucoup voyagé, et ils ont fait escale sur les quais pour saluer le départ de deux des leurs, maintenant en voyage vers les îles de l’océan indien.

Le soleil frappait encore fort, la plupart avaient des lunettes de soleil (faites avec des diapos)
A l’arrière-plan, c’est le bateau qui emmena deux pingouins, ambassadeurs du cheptel loin loin dans des bases avancées de l’Institut Océanographique.

Une vue des quais avec le troupeau amassé pour dire au revoir au bateau

Illusion d’optique : au premier plan, en regardant bien on peut voir un pingouin

Deux bébés pingouins pas encore rentrés, y’a une maman-pengouin qui ne fait po son boulot !

Celui-là se prenait pour une autruche …

Rocky, le pingouin au nez cassé

La dernière photo, c’est la bobette du troupeau, la seule, l’irremplaçable, qui a son nom tatoué sur le bras …