Je suis à Bordeaux pour quelques jours. En vacances. C’est pas mal.
Résultat je regarde des Bob l’éponge, je fais des canelés, je vais à la remise des diplômes de la promo suivante (et je re-tombe re-amoureux fou de toutes les filles que j’y re-croise), mon papa me cuisine son menu #7 (celui où il ne cuisine rien et où on va à la pizzeria), on discute d’évenements qui changent la vie avec un ami que je connaîs depuis dix ans… et puis voilà, je me rends compte que la maison de mon enfance devient de plus en plus comme la maison de ma grand mêre de mon enfance, le même genre d’organisation propre qui ne laisse plus vraiment place à l’exubérance de la jeunesse, c’est juste que les parents peuvent enfin se mettre à respecter leurs petites habitudes et à ne faire que ça, sans le troupeau. Tant mieux pour eux, je dis. Mais en même temps, est-ce que ça ne veut pas dire que je ne pourrai jamais retrouver mon enfance telle que je l’ai vécue entre ces murs. C’est plus le même feelin quand je descends l’escalier. La dernière marche paraît moins haute à cause du nouveau plancher. Les toilettes ont des sièges différents. La porte du jardi fait « porte pour vieux » alors que les parents ne le sont pas encore pour de vrai. Et puis il faut tourner à gauche pour aller dans la cuisine!! alors qu’avant c’était à droite, je crois! Et puis le plancher est gondolé et y’a des petits chats!
C’est juste que ça a un peu changé quand j’étais pas là.
Mais bon, j’ai aussi un peu changé. J’ai 13 paires de chaussures dans mon appart à moi. Et quasiment pas de meubles. Et ma proprio veut pas que je mette mon vélo dans sa cage d’escalier donc c’est pas maintenant que je vais pouvoir me remettre à faire du sport. Parce que j’ai changé (et mon poids s’est quelque peut arrondi, certaines personnes me l’ont fait remarquer)
Même s’il est plus de minuit c’est plus vraiment comme avant, j’ai plus rien à dire ici. Déjà que quand j’ai commencé j’avais rien à dire, j’ai continué parce que justement j’avais rien à dire (et je n’ai pas manqué de le dire) et là hein, pareil, donc y’a pas de raison que je ne continue pas de ne rien avoir à dire.
Tout ça pour dire que de toute façon le karma finit par s’équilibrer. Ce que l’on crée, ce qui est positif, ça nous fait des points qu’on peut ensuite utiliser sur place ou pour acheter une carte « sortez de prison ». J’ai fait un peu de vélo ce matin, ça m’était pas arrivé depuis six mois, et j’ai de nouveau réfléchi comme à vélo, comme le petit vélo que je pourrais avoir dans la tête. D’habitude il est en roue libre. A paris, il prend le métro-boulu-gaga-traintrain qui tourne en boucle et qui voit le temps défiler. Là bas j’y suis complaisant, à vélo je suis radical. La complaisance ça va bien un moment, je préfère le déséquilibre. Les platitudes n’ont que peu de relief (la plupart du temps), les mots n’ont que le sens qu’on veut bien leur donner et les gens n’ont d’emprise sur les autres gens que ce que ceux-ci veulent bien donner à ceux là. La liberté n’est pas dans le détachement total, juste dans le recul. Et j’ai pas dit le faux-cynisme-vrai-matérialisme. Les gens comme ça font semblant d’être détachés, n’ont aucun recul et me font peur : je ne veux pas en être. J’ai envie de vivre comme je l’entends, j’ai pas envie de dire aux gens comment vivre. Qui suis-je pour le leur dire, de toute façon? Et puis qui voudrait que je lui dise comment je vis? Si j’avais un franc pour chaque vie que j’ai à vivre sans savoir comment la rêgle du jeu, j’aurais un franc, et croyez bien que j’ai pas envie d’être millionnaire. Surtout que les francs, maintenant, ça n’a plus que la valeur qu’on veut bien y donner.
En ce moment, j’accorde beaucoup de valeur à un bout de papier, ça a souvent été le cas, mais jamais avec le même bout de papier. Quand on écrit en papier c’est plus prégnant* que des pixels comme ici. ou icï ou là`.
La vie est belle, il fait chaud, j’ai peur d’avoir laissé mes fenêtres ouvertes à Paris en partant pour Bordeaux. Si la vie est si belle que ça, je les aurai refermées avant de partir. Pour que le karma opère il faut pas le brusquer. J’ai peur à l’idée de faire quelquechose que je ne voudrais pas avoir peur de faire mais qui si je ne le fais pas risque de me revenir en regret comme en moukire dans le nez.
Est-ce que j’ai envie de poster ça, finalement? Il y a quelques mois j’aurais pas vraiment hésité. Mais là, je sais plus vraiment. Peut-être que ça intéressera, mais j’en doute (les gens qui tombent ici cherchent des choses assez précises que je ne fournis pas) en fait, je ne voulais écrire que pour introduire ma citation du jour :
« be true to yourself, don’t miss your chance and you won’t end up like the fool who ripped his pants »
SpongeBob SquarePants
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22 juin 2007 - 17:57 richard
15 nov 2007 - 20:28 sKid