« Si nous traçons chacune et chacun dans notre sens le sillon de l’avenir dans le champ des possibles, nous verrons chaque matin germer dans le terreau fertile de nos différences les lendemains différents. »
Anon.
Le monde actuel est gouverné par une pensée unique. Cette pensée est la résultante d’une désévolution des esprits. Les anciens partageaient une multitude d’idées, dont nos prédécesseurs ont hérité. Le temps passant, la multitude d’idées s’est regroupée en une seule grosse masse molle dont rien ne sort. Nos prédecesseurs ont fait de leurs sociétés une seule société monolithique tournée vers un unique but. Et ce faisant, tous les moyens de cette société y sont passés, de la culture à l’économie, pour en faire un atroce amalgame dangereusement anodin et indifférent à la personne dans son uniquité, dans sa différence. La pensée résultante manque d’originalité, manque de différence.
Cette culture de l’indifférence n’a que trop duré, nous réclamons des cultures différentes, et nous nous manifestons à présent, nous qui pensons différement.
Nous voulons faire entendre au monde nos voix différentes, nos idées différentes, nos visions pour une société différente. Pour des sociétés différentes. Pour des sociétés plurielles. Tous les gens qui pensent pareil pensent avoir la bonne réponse. Mais nous pouvons leur répondre avec assurance que chacun d’entre nous possède une bonne réponse. Une bonne réponse différente. Et c’est toutes ces réponses, autrement dit chacune de nos différences qui, additionnées, forment le fondement de nos pensées. Différentes. Plurielles. Uniques.
Nous sommes tous différents entre nous, mais, pour paraphraser le poëte, certains sont plus différents que les autres. Ce qui nous rassemble, c’est le refus de la pareillitude d’esprit et de la bien-pensance pseudo-fédératrice. Malgré celà nous ne sommes pas contre toute forme de pensance, nous en voulons une qui ne soit pas forcément bien, pas forcément pareille. Un pensisme qui soit propre à chaque personne, et différent comme chacun l’est de tous. Un alterpensisme. Il faut bien une haltère pour renverser les deux poids de mesure qui pèsent sur notre société.
L’idée alterpensiste se définit par ce qu’elle n’est pas : ce n’est pas une doctrine, ce n’est pas une profession de foi ou une déclaration amoureuse, ce n’est pas un choc des sociétés, des générations ou des civilisations. C’est en celà qu’elle est différente de toutes les doctrines, les professions ou déclarations et les guerres de cultures. On pourrait dire que c’est un cheminement de pensée, chacun n’y va pas pas quatre chemin, tous ont quatre chemins différents.
Les politiciens, les médias*, tous ceux qui pensent pareil ne nous ont pas compris. Ils pensent que l’on pense comme eux, que l’on est découpés en groupes semblables, communautés d’origine, partis politiques ou cibles de marketing. Mais nous pensons différement. Nos différences sont des forces. Ils n’apperçoivent pas nos différences. Nous allons leur montrer nos forces. Ils se sont fait une place au soleil en exploitant le peuple. Maintenant, le peuple peut se dresser pour leur faire de l’ombre.
L’Histoire l’a bien montré : le bien de chacun a été considéré comme la cinquième roue du carrosse de la société ; puis le bien commun a été la sixième roue. Pourquoi s’arrêter là et ne pas faire de chacun d’entre nous les roues d’une société où chacun pourrait suivre sa voie? Un carosse dont les roues ne s’embourberaient pas dans les ornières du non-dirigisme et ne cahoteraient pas sur les nids de poule de l’individualisme? Mais c’est le chemin qui poserait problème : il nous faudrait un carosse volant. Les roues ne seraient que des vestiges inutiles de l’inadaptation immobiliste de la société passée. Et chacun, chacune, pourrait être une force motrice du carosse volant de notre société post-moderne.
Par le passé, le commerce a amené le surconsumérisme, la conquête du pouvoir a conduit au despotisme, la recherche du bien commun a amené le bien-communisme et des peuples ont été à l’origine des extrémismes… nous voulons le bien de chacun, le chacunisme ; nous devons joindre les deux bouts, boucler la boucle et extraire les extremismes, nous devons décapiter le capitalisme et consumer la surconsumérisation. Nous devons retourner les idées préconçues et présider des retours de conscience. Nous rejetons les différenciations apportées par l’argent, les classes sociales ou les religions. Les différences que l’on veut sont celles qui nous caractérisent en tant qu’humains : aspirations spirituelles, origine culturelle, possession de resources et de patrimoine… La société que nous voulons (ou l’alter-sociétisme tel qu’on le prône) est basée sur notre différence : au lieu de la subir, nous voulons pouvoir l’exercer. Un champ d’exercice différent pour tous, des limites en fonction des désirs et aspirations de chacun. Un système politique qui ne s’occupe pas d’exploiter les personnes. Chaque personne est une différence. Le système politique se doit donc d’exploiter toutes les différences, et chacun de profiter d’une liberté de personne.
Si vous votez pour d’autres gens, est-ce que vous vous attendez à ce qu’ils fassent les choses différement? Pourquoi alors est-ce qu’ils finissent par faire la même chose? Nous avons toujours voté pour les mêmes politiques. Elles nous ont toujours fait les mêmes promesses. Elles ont agi de la même façon. Le temps est venu d’élire des gens différents qui oseront faire les choses différement. Aurez-vous alors le courage de voter pour d’autres gens? De voter pour d’autres gens que d’habitude? De voter pour d’autres gens que nous?
« les différences de mes différences sont nos différences » – Ibid.
C’est pour ces différentes raisons que nous nous manifestons, nous les alterpensistes.**
Joachim
alterpenseur
Juliette
alterpenseuse, sans qui l’alterpensisme aurait été différent
* ainsi que tous ceux de cette race hybride issue du croisement improbable d’un journaliste et d’un marchand et que l’on appelle communicants
** certains ont des raisons différentes, d’autres ne manifestent pas pour cette même raison.
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Il y a pour l'instant 7 réactions à ce billet.

23 fév 2007 - 17:55 merriadoc
:-)
23 fév 2007 - 18:08 Joachim
8 mar 2007 - 20:32 autrement pensé « NotreBordeaux.com
10 mar 2007 - 23:42 richard
C’est beau mais c’est utopique, et je dois avouer ne plus avoir grand espoir dans ce monde.
« Same player, shoot the earth. »
12 mar 2007 - 15:21 Joachim
4 mar 2008 - 18:05 -ju
4 mar 2008 - 19:36 Joachim