Le Blaugue à Beleg

Born to tomber amoureux de toutes les filles qui m'accordent la moindre attention.

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Mansfield Tya à Bordeaux

31 Mar 2006

Je reviens sous la pluie, mouillé et transi, mais je reviens avec de la musique plein la tête et des sourires plein les mirettes.

Parce que ce soir, en fait, je suis allé voir Mansfield Tya au Son’Art, et que ça valait terriblement le coup.

Je suis arrivé au moment de l’ouverture, mais ça, on s’en fout un peu. J’ai même tendu mon billet acheté à la Fnuck trois jours avant, mais ça on s’en doute. Ce qui peut intéresser, c’est que la salle était pas très grande (c’est le point commun entre la plupart des salles bordelaises) et le public un peu plus bruyant qu’à l’habitude. Je prends le temps de me poser, la salle se remplit. On est encore relativement calme, et pour peu qu’on trouve une bonne place, on peut encore s’imaginer qu’on va la garder pendant toute la soirée. Accoté à un pilier par exemple, c’est toujours une valeur sûre. J’étais donc accoté à un pilier, quand quelqu’un m’adresse la parole et commente la rareté de mon chapeau. Je réponds en complimentant le chapeau du personnage qui vient de me parler, c’est un garçon un peu plus agé que moi, qui, le fil de la discussion aidant à faire passer des informations, se révèle étudier le stylisme. Puis tout se prépare, la première partie commence.

La première partie était assurée par Julien Pras, le leader de Calc, la fierté bordelaise musicale du coin. Enfin, je sais pas si Julien Pras est le leader, mais c’est lui qu’on voit le mieux sur toutes les photos du groupe. Et là, il était tout seul sur la scène, avec sa guitare et ses chansons. Il chante en anglais, la langue du rock et du folk, et sa voix un peu triste et ses chansons si personelles ont vite charmé le public. Puis après cinq ou six chansons assez courtes, il s’en va. J’ai trouvé décevant la manière dont il terminait ses chansons. Très abruptement. La voix n’a pas le temps de faiblir, l’accord de mourir que c’est le silence. Ses débuts étaient bien, mais ses fins exécrables. Dommage qu’on ne termine pas par le début, ça laisserait un meilleur goût lorsque la chanson termine.

Laissez-moi juste le temps entre les sets pour écrire ce qui s’était passé durant la première chanson du premier set. Accoté que j’étais à mon pilier, un peu dans le passage mais assez alerte pour reculer un peu en cas de gens, je sens arriver derrière moi un gens. Enfin, une. Me disant qu’elle veut se rapprocher de la scène, de ses amis ou des gens trendy-hype-fashion qui suivaient le concert depuis, hum, l’espace à coté de la scène (voyez, c’est pas devant, c’est dans l’espèce de couloir qui mène au backstage, c’est vous dire s’ils étaient bien placés, hein, sauf que y’a des gens comme moi qui viennent pour la musique et qui préfèrent voir un concert de face, là où on entend peut-être mieux et que les musiciens ils vous regardent, mais bon là je parle pour moi, hein, que tous ces gens qui regardaient depuis le coté ne prennent pas compte de cette parenthèse), je me décale, et elle, se glisse et s’adosse à mon pilier. Comme je suis un gentleman par la force des choses (rapport à mon gabarit, voyez, quand on est poids-plume être gentlemanesque n’est pas qu’une option), je me dis que hein, finalement j’ai pas besoin de ce pilier pour m’accoter.

Le concert n’a pas repris tout de suite, ce qui m’a laissé le temps de parler un peu avec le garçon, et de lier discussion avec la demoiselle, celle qui s’était adossée là où j’étais accoté. Les choses allant tant et si bien que je lui offrais une bière, profitant de cette occasion pour avoir une excuse de m’en couler une dans le gosier. J’échangeai de place par la suite, très peu, mais j’avançai au troisième rang en restant à portée de conversation avec ces deux personnes avec qui le hasard avait fait en sorte que je discute. A savoir le garçon qui avait un chapeau, et la fille qui était adossée au pilier, et qui, la lumière révêlant les secrets de l’obscurité, avait un très joli sourire.

Puis vint le second set, le principal, que dis-je, les principales : Mansfield Tya. C’est deux filles de la région de Nantes, qui en plus de jouer de la musique savent charmer leur auditoire. Leur musique est charmesque, un sensible mélange d’instruments, un par fille mais variant souvent, allant du violon au piano à la basse à l’orgue-à-soufflet à la guitare à la batterie ou à l’archet sur la basse, avec une voix posée, légère, et possédant, lorsque les paroles sont en anglais, un charmant accent français. Et puis ces deux filles, lorsqu’elles font de la musique ensemble, ont une complicité palpabe… Ce sont ces regards, de l’une à l’autre, de l’autre à l’une, c’est la musique qui se marie avec ces regards, et c’est le public aussi, qui participe de cette union par sa présence silencieuse. Et quand la tension de la musique retombe, quand les regards et les instruments se taisent, le public y va de toute sa force, de sa complicité. J’ai trouvé l’ambiance très bonne, plus complice que d’habitude, c’était un véritable plaisir. Et puis après quelques mots, la musique reprend, mais cette fois elles ont changé de place, du violon elle est passée au piano, de la guitare elle est passée à l’accordéon. Et de nouveau le son est tissé entre les deux instruments, puis la voix vient de nouveau, simple et vivante et sensible et l’auditoire est de nouveau charmé. Et toujours l’expérimentation, par un instrument qui sonne différement, ou un archet utilisé sur la basse, ou bien des double-cordes en harmoniques, avec l’archet qui se balade complètement bizarrement… Mais toutes ces choses restent au service de la musique, ça n’en donne que plus de force aux chansons.

Puis au bout d’un peu de temps, hein, elles ont tout dit, tout chanté et tout joué, et le temps d’un rappel, s’aiment, nous aiment, et goodbye.

Les mots malheureusement ne rendent pas justice à la virtuosité de Carla ni à l’émotion de Julia, mais il faudra vous en contenter, pour ma part je ne puis faire plus. Sauf bien sûr vous conseiller de regarder quand Mansfield Tya passe près de chez vous, et de vous y précipiter. Elles font aussi des festivals au printemps et ouvrent pour Dominique A. à Paris et Dijon. Et leur CD est trèèès bien.

Pour ma part, une fois le concert fini j’ai encore papoté un peu avec Miles et Luce, puis nous partîmes chacun de notre coté, ayant la sensation d’avoir vécu un bien joli concert.

Demain je remets ça, avec Tokyo Sex Destruction. Mais bon, c’est moins charmesque, c’est plus remuant.

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Réactions

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  1. 3 Apr 2006 - 13:51 storyin
    I do not understand, but here is beautiful and interesting.
  2. 25 Apr 2006 - 10:20 Herve
    Bravo pour le texte il est superbe. Merci pour Mansfield Tya, je suis d’Angers et je les connais bien. Elles meritent d’aller loin, leur musique change des clones que nous fabrique la télé.
    Merci à Mansfield Tya de transmettre leur passion à un public qui en fait n’attendait que ça!

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