On est beaucoup plus conscient de son état lorsqu’on touche le fond que lorsqu’on est sur la crète de la vague. C’est pourquoi on oublie de profiter de ces petits moments de bonheur tout simple et qu’on regrette de ne pas l’avoir fait, une fois le creux de la vague atteint.
Enfin, je parle pour moi, hein mais j’emploie on, ça généralise le propos pour le lecteur et ça me distancie un peu de ce que j’écris. Mais je sais pas si j’ai besoin.
En fait, c”zt peut-être juste la fatigue qui fait que j’écris avec les yeux fermés, je sais que j’ai fait quelques fautes au début de la phrase, mais je pense ne pas en avoir fait depuis. Tout dépend de la définition du début de la phrase, aussi. Depuis le début de la semaine, j’ai l’impression d’être comme un équilibriste sur une corde suspendue à 20m du sol, qui fait des zig-zag et est en pente raide. En plus de ça, il pleut. Et pas seulement sur la ville, ni seulement sur mon coeur, mais aussi dans un couloir de mon école, dans la véranda de ma maison et en ce qui me concerne, à peu près partout, de l’esprit aux boyaux. Il m’est arrivé des trucs, comme la perte de mon seul frein de vélo alors qu’il pleuvait, un cours auquel je ne suis même pas allé parce que je me suis découragé (quand le trajet fait 40% de la longueur du cours et que c’est sous la pluie, ça ne m’intéresse pas). Depuis cette semaine il y a aussi un parfum qui me hante, un parfum dont j’avais oublié que jy avais pu attacher autant de trucs émotionels, ça me rappelle que rien ne sert de nier, le passé revient toujours à point. En parlant de passé, il y a aussi le souvenir de cette fille si spéciale qui est revenu me hanter. Et puis l’humidité de la pluie me fait mal à l’épaule, j’espère en avoir changé dans cinquante ans. Et aussi le printemps va pas tarder à pointer le bout de son nez, me faisant moucher le mien. Oué, hein, l’allergie aux pollens c’est vraiment la merde, j’en parle pas beaucoup sur le blaugue mais j’en chie un maximum. Il va falloir que je reprenne le traîtement de désensibilisation. Un peu d’insensibilité dans ces muqueuses bouchées.
Bref, c’est le désespoir total. Même qu’aujourd’hui j’étais fatigué, et ça m’a fait imaginer que les gens me regardaient bizarrement parce que j’avais quelquechose sur la figure et qu’ils ne voulaient pas me le dire, ni rigoler ouvertement de peur que je m’en rende compte. Quand ce genre de choses arrive, c’est plus ou moins onirique et je me réveille en sueur avec un chat sur la figure. Suffit que je dégage et tout va mieux. Mais là, cette petite pointe de paranoïa a failli me faire peur. Je ne sais pas comment j’étais, ce matin. Je sais que j’ai confondu l’aiguille de l’alarme avec celle des heures de mon réveil, ce qui m’a fait arriver avec juste une dizaine de minutes de retard à l’école, avec juste un verre de jus d’orange au ventre, avec juste une symétrie de figure de style à la phrase. C’était peut-être une chauve-souris que j’avais sur la figure, mais on ne le saura jamais. Même les filles n’ont pas la même saveur quand on est paranoïaque. J’ai passé les huit heures du cours à me bouffer les ongles, ou essayer de bouffer ce qu’il en reste. Parce que c’est pas joli à voir. Un vrai champ de bataille. Mais pas un champ de bataille de guerre propre, juste les tranchées et les cadavres qui pourissent. Et en revenant j’ai rentré dans une cycliste qui n’avait pas regardé. Moi non plus j’avais pas regardé, donc comme elle a dit, cinquante cinquante, et y’avait pas de problème vu qu’en fait le choc s’était fait à très faible vitesse. Mais ce genre d’accidents n’arrivent qu’avec des femmes qui ont la cinquantaine, et quand bien même ça aurait été une jeune fille absolument charmante, j’avais toujours ma chauve-souris mentale sur la figure. Je hais les emo-kids, surtout celui qui est en moi.
Le pire, c’est que j’ai pas bossé de la semaine et que je suis encore plus le gros con qui a un avis sur tout (et qui le donne) que d’habitude.
Oué, je crois bien que c’est le désespoir total. Désespoir totalement nuancé par le fait que je vais pas tarder à aller dormir. Ou juste me coucher dans mon lit avec mon Carnet de Rêves et mon crayon à essayer d’écrire une chanson, parce que ça fait un sacré bout de temps que j’en ai pas écrit. Et après avoir dormu, je me réveillerai de nouveau tout frais en me disant que finalement, la vie c’est pas si mal et que le bonheur, c’est pas difficile, il suffit juste de s’en rendre compte. Le tout est de se dire que demain, on s’en rendra compte, de ce bonheur si immense qu’on l’oublie trop souvent. On y arrive en relachant les muscles masticateurs, on peut aussi respirer, s’étirer un peu, se masser l’épaule gauche, fermer les yeux un peu plus longtemps.
Et pourquoi pas écouter de la musique pour s’endormir.
(non, en fait je ne me suis pas endormi en écoutant le CD, j’étais en train de rédiger ce post)
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28 Mar 2006 - 16:38 bellobene blog
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