Le Blaugue

Born to taper l'incruste.

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Il a neigé sur Yesterday

28 déc 2005

Non, c’était pas sur Yesterday qu’il a neigé, n’en déplaise à Marie Laforêt, c’est sur le Pays Basque. J’étais en train de rêver qu’un petit chaton noir entrait par la fenêtre de ma chambre, quand j’ai été réveillé par mon pêre. « Il neige, il neige ». Faut dire que la dernière fois, quand il a neigé à Bordeaux, j’étais en train de dormir, et que tout avait fondu avant que l’éveil ne frappe à la porte de mon esprit. Mais là, c’était différent.

Revenons quelques heures en arrière. Alors que l’on s’entretenait de culture avec les amis que mes parents hébergent actuellement, nous nous étions dit que nous n’étions pas si loins de Bilbao, et qu’une petite excursion dans un de ses musées (le Guggenheim, pour être précis) pourrait être intéressante. De ce fait, nous avions projeté de se lever tôt, d’enfourcher nos montures et de traverser les montagnes basques afin de trouver, par delà la frontière, les volutes métalliques de ce temple dédié à l’Art que l’on peut voir mais pas toucher (ni photographier). Peu de temps auparavant, nous avions vu la nuit tomber sur le fort de Zokoa, annonçant par le manque de nuages une matinée des plus fraiches. Mais, derrière l’horizon devaient s’ammasser de lourds nuages gris, car quoique fraiche la nuit fut, couverte elle fut aussi car la neige se mit à tomber dès que les premiers rayons de l’astre diurne commençèrent à chatouiller la cime des nuages.

Et donc il neigea. Une fine poudreuse recouvrit l’herbe de la prairie, les braches des platanes dénudés et les feuilles de l’eucalyptus qui ne se laisse pas impressionner par pluviôse, ventôse ou même nivôse, lui. Le damier de marbre couvrant ma terrasse fut à son tour caché de mes yeux par cette pellicule neigeâtre et virginale, pis tout le reste aussi : rambardes, herbe, cheval. C’est en des temps comme ça que l’on se plait à regretter de n’être pas né Eskimo afin d’avoir une dizaine de mots différents pour traiter de la neige. D’un autre côté, je suis pleinement satisfait de ne pas avoir un manche qui sort du derrière et une croûte de chocolat croquant.

Sortant de ma chambre uniquement vêtu d’un pyjama et de mon zappareil photo, je croisai ma mêre dissertant de la blancheur hivernale de la couverture neigeuse en buvant son thé (le sixième ou le septième), mon pêre s’étant remis à la lecture devant l’âtre vide (en attendant que je vienne y bouter le feu).

Une grosse heure après le début de l’averse neigeüe (ou neigue mais je n’ai pas de gé gédille), celle-ci s’est arrêtée. La neige est en train de fondre, elle qui crissait sous les pantoufles, la voilà qui forme flaques et boues, le soleil provoque quelques éclaircies alors qu’à l’ouest se profilent de gros nuages grisonnants. Les haricots verts bouillent dans la cocotte, l’herbe est de nouveau visible entre les taches blanches sur la coline, et de loin en loin les oiseaux fouillent le sol à la recherche d’une quelconque graine à casser. Dans la maison, le feu ronronne, la guirlande clignotte et on a reporté notre escapade culturelle. Bilbao, le Guggenheim, c’est pour un autre jour, où il ne sera pas en train de bêtement neiger.

N’empêche qu’il ne suffit plus d’être à Paris pour prendre du thé aux petits gâteaux alors que la neige tombe dehors. Ici aussi on fait ça, et on peut même sortir prendre des photos. Du trop pur noir et blanc qui tabasse, avec un grain de fou. Le décor n’a rien à envier au film.

Avec un peu de chance, certaines photo prises au numérique seront postées dans bientôt.

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