Le Blaugue

Born to dessiner des clous.

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Ch Ch Ch Ch Changes

26 nov 2005

Voilà, j’ai mis le doigt dessus, et ça n’a pas fait mal. Faut dire que ça me démangeait depuis pas mal de temps par là. Mais maintenant, suite aux conseils et avis de gens avisés et de bon conseil, je sais comment opérer.

Tous les éléments qui me venaient sans lien ont été évoqués, et je sais maintenant qu’ils faisaient partie d’un tout.

Changements. J’avais sans le savoir ce mot là à l’esprit ces trois derniers mois … Trois mois pendant lesquels j’avais l’impression pas nette de pédaler dans la semoule tant au niveau créatif qu’affectif/sentimental. Oké, rien n’arrivait, mais c’est quand rien n’arrive que la vie est la plus ennuyeuse. Et l’ennui, hein, c’est pas forcément la chose la plus inspiratrice. Enfin, je dis ça, mais c’est juste mon cas. Mais depuis quelques temps, je me maintiens à la surface, et j’essaye même de sortir du plat en faisant gaffe aux raisins secs.

J’ai appris ces dernières années que je fonctionnais au sentiment. Il suffit que je rencontre quelqu’un qui m’inspire (d’ailleurs c’est quasiment tout le temps quelqu’une) et que j’éprouve pour cette personne des sentiments extremement forts pour que plein de choses bien m’arrivent. Par exemple, que ma courbe de créativité augmente furieusement, ainsi que ma courbe de motivation. Du bon karma qui m’arrive comme ça, juste parce qu’une fille m’a fait un joli sourire. Ce qui est pratique, c’est que ça m’arrive même quand le sentiment n’est pas retourné, ou du moins pas de la même façon (saisir ici « mais tu vois, c’est plutôt de l’amitié« ). À ce moment là, je peux ne rien faire pour améliorer : le sentiment ne fait que s’émousser mais la courbe de créativité met du temps à s’en rendre compte. Mais bon, c’est seulement à faire quand le sentiment n’est déja pas très fort. À l’inverse dans le cas où il l’est, il faut continuer. Essayer d’atteindre le niveau supérieur avec la personne concernée. Et dieu sait si c’est compliqué pour quelqu’un de ma trempe, trop timide même pour regarder son ombre en face… (quant à regarder son reflet c’est pas pareil, ça relève de l’égo. Et là je suis servi, merci.) Et en cas de non-réussite la chute est dure, tant pour le moral que pour la créativité, l’inspiration et toutes petites les choses qui se plaisaient bien sur le petit nuage sur lequel notre vie reposait.

J’ai pu vérifier cette petite théorie depuis quelques années. C’est comme un superpouvoir qui me serait arrivé à l’adolescence.Bien sûr, c’est un peu plus compliqué que ça, en vrai. Mais bon, tel que je le décris ici, c’est ma vision basique.

Au début quand j’étais au lycée, je ne tirais pas partie de cet état dans lequel j’étais lorsque j’y étais. Puis je me suis rendu compte que quand je suis sur un petit nuage, autant en profiter pour créer vu que généralement, la qualité suivait de près l’inspiration. Après le lycée, je suis entré dans mon école de graphisme/pub/petits-mickeys. Là, j’ai beaucoup progressé dans plein de domaines. Faut dire que les filles y sont toutes über-mimies…

Tout allait bien, même que parfois ça allait mieux, ou un peu moins bien. Chaque fois que j’allais en vacances, j’avais sur le coeur une fille, souvent différente d’une fois sur l’autre. Il a parfois suffi d’une conversation pour qu’une fois revenu au boulot je me surpasse à des points inéspérés. Unetelle me fait la bise maintenant? WOO! et je dessine un truc juste et vivant.

Voilà basiquement comment je fonctionne. Et jusque là, ça allait plutôt pas mal. Pis y’a environ trois mois, en revenant de mon stage à Paris, quelquechose a du changer. Au début, je me disais que tout allait très bien. Pendant les vacances de la Toussaint, je me suis étonné de par moi-même que je n’étais pas amoureux fou d’une fille ou d’une autre de l’école, alors qu’à cette époque-là les autres années, je partais en vacances malheureux à l’idée de ne pas pouvoir croiser telle ou telle fille qui me mettait des étoiles dans la tête. En même temps, je pataugeais sans m’en rendre compte. J’ai du faire un ou deux jolis dessins, mais ce doit être tout. En revanche, je ne compte plus les devoirs oubliés, les rendus tout pourris, ou même le désastre qu’a été le projet court (faudra que j’en parle un autre jour). Ce fut un premier trimestre plutôt très catastrophique. En plus de ça, j’ai pris un retard monstre pour mon projet long, et je mets les bouchées doubles pour me rattraper.

Pis y’a eu quelqu’un… enfin, quelqu’une, comme la plupart du temps. Un jour on s’est parlés. L’après midi, j’ai fait plein de dessins super inspirés. On s’est revus durant les jours suivants et on a discuté. Le week-end est venu sans que j’aie pu lui proposer quoi que ce soit. Et j’ai rêvé. Je ne me souviens plus de quoi, mais j’ai rêvé … et c’est assez inhabituel pour que je m’en rende compte. Puis j’ai rêvé de nouveau, encore et encore dans les jours qui ont suivi. Et parfois d’elle. Je l’ai revue et tout. Et depuis ce temps là, je suis de nouveau inspiré. Je me remets à sentir le sang qui bat aux tempes sous l’excitation de la fièvre créatrice. Je sors de ce maudit plat de semoule et quelquechose me dit qu’elle n’y est pas innocente. C’est le même quelquechose qui me fait des guilis dans le coeur quand son image se met à passer devant toutes les autres choses que j’ai en tête.

Mais ce n’est qu’une partie du problème et de sa solution. Ce serait tellement facile si le sourire d’une fille pouvait à lui seul me sortir d’un plat où je suis engoncé à ne pas savoir comment en sortir tout seul. Tellement romantique aussi, je suppose… la bonne chose à dire en marchant sur un pont sous la neige par nuit grise, je suppose. Mais je n’en suis pas là, et puis comme je disais il y a d’autres dimensions au problème.

Je suis arrivé dans cette école, je n’étais pas encore qui je suis à présent. Je cherchais qui j’étais. Je ne m’assumais pas vraiment. J’y suis venu avec un chapeau melon que j’avais trouvé l’été précédent dans le grenier de la maison des grands-parents. Je l’avais aussitôt adopté pour l’image qu’il donnait. Quelqu’un qui portait un chapeau était considéré, dans le temps. Maintenant, qui irait en porter un? Moi. Je suis donc arrivé comme ça. Pis j’avais les cheveux un peu long, à cette époque ils ne m’arrivaient pas encore aux épaules. Mon chapeau est peu à peu devenu la base de mon identité.

J’ai appris que quelqu’un qui porte un chapeau comme un masque ne montre jamais sa vraie personne. Au début, ça ne m’a pas choqué. C’est aussi un peu pour ça que je le portais. Il me paraissait nécessaire de couper les ponts avec la personne que j’arrivais tant bien que mal à être au lycée. J’ai tout de suite montré la couleur. « J’ai un chapeau. » I proved my point.

Mais je me suis fait piéger. Je me suis fait piéger parce que j’ai trop fait attention au regard que les autres me portent. Ou plutôt, j’ai trop fait attention au regard que je supposais que les autres avaient de moi. J’ai pensé que maintenant qu’elle était posée, mon identité ne pouvait plus évoluer. Par flemme de me remettre en question, je me suis raccroché à des choses qui n’avaient plus aucun sens pour moi. Je n’avais plus besoin de me cacher derrière quoi que ce soit, et pourtant je soignais mon look décalé.

Et je me disais bien que quelquechose n’allait pas. J’ai même envisagé certains changements, mais pas assez sérieusement pour vraiment les considérer. « ça m’arrivera bien un jour ou l’autre…« , que je me disais. Et donc ça n’allait pas. Panne de créativité, d’inspiration, de motivation depuis mon retour de Paris. Je ne sais pas pourquoi ça correspond, il faudrait que je creuse la question.

La semaine dernière, j’ai compris ça en discutant avec une personne qui se souciait de ma réussite de l’année. Il faut maintenant que je sorte tel que je suis, et non tel que je m’imagine que les autres me voient. Il y a des choses à changer, et ça ne me dérange pas de le faire. Si je maitrise bien la courbe en regardant l’obstacle à franchir, je n’aurai pas peur, je ne risque pas de refus. C’est ce qu’on m’a appris quand je faisais du cheval. J’ai aussi appris que quand le cheval est un bourrin qui ne veut pas faire ce qu’on lui dit, il ne faut pas hésiter à changer d’attitude.

Deux déclics majeurs sont arrivés dans les deux dernières semaines. En même temps, quoi. Maintenant, j’ai plus le droit de me tromper.

Big changes coming ahead.

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Réactions

Il y a pour l'instant 11 réactions à ce billet. Réagir ...

  1. 26 nov 2005 - 21:05 Laurent
    Émouvant billet. Bon courage pour le changement. Même si je n’avais jamais vraiment remarqué le chapeau…
  2. 27 nov 2005 - 0:24 Vicomte Raf
    Hébé, quel joli palier de franchi… ça sert de se remettre en question de temps en temps. Tous les jours en fait :)
  3. 27 nov 2005 - 3:12 Bertrand
    Sois celui que tu veux être….avec ou sans chapeau. Je ne te connais pas assez pour savoir si ton chapeau melon c’est toi mais il n’empeche que ça te crée une identité dans un monde de clones.
    Tu te demandes si tu n’as pas choisi une image par rapport au regard des autres…mais l’abandonne pas pour ce même regard des autres?
    Et à relire tes vieux post et découvrir ta « blog attitude » de longue date qui fait de toi quasiment un précurseur je ne te dis qu’une chose: image ou pas, regard ou pas, chapeau ou pas, à te lire et en oubliant que je t’ai déjà rencontré (car ça peut générer un a priori positif) une chose est certaine: tu as du talent dans ce que tu fais. Et ça ça dépasse toutes les questions d’apparences.

    Be yourself…no matter what they say

  4. 27 nov 2005 - 13:47 Saryon
    Bon j’suis pas tout à fait d’accord sur un point (le reste j’peux pas trop me prononcer mais l’exposer est bon :p )
    « Maintenant, j’ai plus le droit de me tromper. »
    c’est sur ça que je ne suis pas d’accord, etre soi même est tellement compliqué que les erreurs sont quasi obligatoires voire recommandées. Donc c’est vrai que c’est mieux si tu ne te trompes pas mais en même temps en te trompant tu vas comprendre certaines choses sur toi même (ce que tu as déjà fait là mais bon j’pense qu’il en reste encore plein). Donc essaye, fais des erreurs, ou pas. Mais t’obliges pas à ne pas en faire.

    enfin c’est juste mon avis

  5. 27 nov 2005 - 17:19 Jérémie
    Magnifique billet. Au passage, j’aime beaucoup ton blog et ton moleskine. Bon courage pour la suite !
  6. 27 nov 2005 - 22:08 Joachim
    Laurent : Merci :) Et pourtant, j’ai fréquement porté mon chapeau lors des ParisCarnet que j’ai fréquentés…

    Vicomte Raf : bah oui, j’avais oublié de faire la poussière là-dedans depuis pas mal de temps, je dois dire que ça fait du bien :)

    Bertrand : Je ne pense pas vouloir changer d’image à cause du regard des autres… Ce serait plutôt à cause du regard que j’ai sur moi-même. Est-ce que ce chapeau veut dire quelquechose pour moi? Est-ce que je suis en accord avec cette identité? Est-ce qu’il ne serait pas mieux justement de marquer les gens avec le talent dont tu fais mention (merci au passage :) ), plutôt qu’avec un look que certains trouveraient aggressif? C’est justement ça que j’essaye de trouver. Un compromis entre l’image comportementale que je donne de moi (vestimentaire , attitude, …) et celle qui n’est pas discernable tout de suite, les divers talents que je pourrais avoir, etc…

    Saryon : effectivement, les erreurs sont parfois un passage obligé pour une meilleure compréhension du problème… mais je parlais à court terme. J’ai deux ou trois gros cailloux dont il faut que je m’occupe d’ici la fin de l’année scolaire. C’est pour ça qu’il faut que maintenant je sois sûr de ce que je fais… Mais après je n’aurai pas autant besoin de ne pas faire d’erreurs, je pense

    Jérémie : bah heu, très merci :)

  7. 28 nov 2005 - 8:49 arsenium
    ah moi j’croyais que tu l’avais acheté sur ebay ton chapeau ?
  8. 28 nov 2005 - 20:24 arsenium
    changes, de David Bowie, au fait ? je suis pas sûr.
  9. 29 nov 2005 - 0:15 Joachim
    arsenium : j’ai acheté mon deuxième chapeau sur eBay… mais mon premier, c’était celui de mon grand pêre ;)
    Non, pas changes de David Bowie … juste « Changes » prononcé par quelqu’un qui aurait du mal à prononcer ce mot, mais qui au final réussirait… comme une belle histoire de plein de choses!
  10. 30 nov 2005 - 22:41 Laurent
    « Et pourtant, j’ai fréquement porté mon chapeau lors des ParisCarnet que j’ai fréquentés… » Je sais bien, mais j’avais privilégié la personne à l’accessoire…
  11. 30 nov 2005 - 23:04 Joachim
    c’est vrai, c’était plus sage
    merci :)

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