Ce soir contre toute attente, j’étais au concert d’Elysian Fields à la Rock-School Barbey. Contrairement aux autres concerts auxquels j’ai assisté dans cet endroit, les artistes ne se produisaient pas dans la grande salle mais dans le hall attenant (d’où l’inscription « Formule Club » sur le programme). Une atmosphère sombre, cozy, même pas enfumée, c’était assez l’idéal.
Le premier set était occupé par une chanteuse au piano américaine je suppose, accompagnée d’un guitariste sans doutes français. Elle s’appellait Deborah, je crois, et avec un peu de chance elle s’appelle toujours comme ça. Une voix qui donnait l’impression d’être un peu fatiguée, des chansons originales (pas de reprises) parfois allant dans le folk ou les paroles en français (avec quelques erreurs de liaisons mal-t-a propos); le premier set était sympa pour se mettre en jambes.
Après, il a fallu attendre. Même que la musique, audible au début est vite devenue insupportable (le CD en boucle d’une sous-Björk accompagnée seulement d’une contrebasse, et qui massacrait des reprises de Elanor Rigby, Roxane, Imagine, I Will Survive, Blackbird …). Au bout d’un moment, on a attendu et ça paraissait long. Et puis il a bien fallu que Elysian Fields arrive sur scène, et sont le batteur et le claviériste suivis de Oren Bloedow le multiinstrumentiste-compositeur, puis de Jennifer Charles, la chanteuse.
Leur son sur scène ressemblait beaucoup au son sur leurs albums, quoique plus électrique, quand même, peut-être, un peu. J’aime beaucoup la voix de Jennifer Charles : sensuelle et chaude, elle convient très bien à ces mélodies voluptueuses en mode mineur, ces chansons aux paroles poétiques pleines d’énigmes. Chanter la rend incroyablement belle, son visage très pale encadré de cheveux sombres reflète la moindre nuance de ce qu’elle chante. L’air, les paroles, la moindre intonation apparait dans son visage et dans ses gestes, ses mains gracieuses sculptant le vide pour modeler la mélodie au gré de ce qu’elle chante. A son coté, Oren avec sa gueule mystérieuse de mauvais garçon et sa guitare, semblait discuter avec elle en n’utilisant que ses mains et son instrument. L’échange entre eux était non seulement musical, mais il y avait beaucoup plus qui passait. Le batteur, dans le fond de la scène, était complètement perdu dans son univers, remuant et grimaçant son rythme pour le faire jaillir des peaux et le clavieriste se débrouillait avec son wurlitzer qui ne marchait que quand ça voulait.
J’ai été charmé. Mais ça n’aurait rien perdu à être un peu plus long, leur set (même s’ils ont fait deux rappels, tout ça pour que Jennifer Charles nous dise qu’elle aime Bordeaux, qu’elle nous aime tous, et qu’elle a une confession à nous faire : elle aime le vin. Et quand elle reviendra bientôt, elle espère rencontrer des gentils vignerons (mais pour quoi faire, elle n’a point dit.))
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31 oct 2005 - 0:28 nicky
9 nov 2005 - 20:35 Saryon
moi je les ai pas vu :’(
9 nov 2005 - 21:40 Joachim
Saryon : t’en fais pas ils repasseront bien un jour ou l’autre ;)