Il y a des chanson qui nous marquent parce qu’elles nous parlent. Parce qu’elles racontent des histoires, parce qu’elles énoncent des idées, parce qu’elles vibrent de la même façon que nous ou qu’elles tombent dans les bonnes oreilles au bon moment. Je ne parle pas de ces chansons auxquelles les évenements attachent une affection particulière, le genre de premier slow ou la musique de fin de Casablanca. Je parle de cette chanson qui à la première écoute vous saisit par ses paroles, vous fait comprendre des choses, vous accompagne … La chanson qui tombe dans les bonnes oreilles au bon moment, quoi…
Si on m’avait parlé de ça il y a quelques temps, genre il y a encore un ou deux jours, je n’aurais pas prêté grande attention. Oué oué, des gens s’attachent à une chanson, ça m’arrive tous les jours plusieurs fois, blabla.
Cet après-midi, pourtant, je me suis lancé à la découverte d’un album que ma soeurette m’avait conseillé. Il s’agit de L’Eternité de l’Instant, de Romain Humeau, autrefois chanteur du groupe Eiffel. Faut dire que ma soeurette, elle a des antécédents en la matière. Il y a deux ans et demi environ, elle m’avait déja conseillé la chanson Tu Vois Loin, de ce même groupe Eiffel, et ça tombait bien au bon moment.
A l’écoute de cet album (très bon, je dois dire), j’ai été frappé par une chanson. De plein fouet. Cette chanson, c’est « Sans Faire Exprès« , j’ai été scotché parce que c’est exactement ça. Exactement.
J’aurais traversé
La ville de long en large
Juste pour t’y croiser
Comme sans faire exprès
Parce que voilà. En vrai, ça arrive. Envie de se promener, juste pour tenter le sort, imaginer que par hasard tu t’y trouveras, que je t’y croiserai. Et le reste viendrait. Mais c’est complêtement idiot, vu que tu ne seras jamais là où je vais être, à moins d’une chance monstre. Comme si j’étais juste en bas de chez toi quand tu sors faire tes courses. Mais en même temps ça a même pas l’air louche. « Qu’est-ce que je fais ici? Ah oué, euh, bah je suis super loing de chez moi mais en même temps je par hasard de la rue à coté, t’vois? « . Non mais ho, do I look like a stalker?
Peu de chansons ont des textes que j’ai trouvés à ce point là seyants. A part peut-être Hocus Pocus, de Focus (mais c’est parce que c’est du yodel complêtement halluciné). Vrai, c’est une petite révélation dans un tas de petites révélations. Je pense à plein, maintenant. C’est mieux que de réfléchir à vide, c’est mieux que de ne pas réfléchir du tout. Et ça met en valeur la mécanique grise et visqueuse que j’entrepose entre mes oreilles. C’est entre autres à cet endroit que j’élabore ces circonvolutions locutoire et plein d’autres choses plus ou moins composées de pixels.
Pour en revenir à cette chanson. C’est marrant, parce que j’ai tout de suite su qu’elle n’avait rien de commun avec toutes les autres écoutées jusqu’à présent. Tout n’était que mots articulés en rythme, des idées plus ou moins inspirées, mais rien qui ne me touche à ce point. Rien qui ne convienne plus à cette situation à peine exagérée…
En fait, j’aime bien Romain Humeau. Dans ses textes, c’est pas juste des choses qu’il dit, c’est aussi des atmosphères qu’il plante, rien qu’en utilisant un mot qui sonne bizarre et qui n’a pas de rapport avec le reste. On finit par ne plus se soucier de ce qu’il prononce, mais de ce qu’il veut dire. Enfin, aux idées qu’on veut bien comprendre et lui prêter…
Bah. J’ai trouvé une chanson dans laquelle je ce que je veux bien comprendre correspond à ce que je crois vivre, et j’en suis heureux. Comme quoi… :)
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