J’ai passé un certain point où je peux à peu près voir parmi les gens que je fréquentent ceux qui lisent mon blog, ceux qui y sont venus et ceux qui n’y mettront jamais les pieds. C’est peut-être ces derniers que j’envie un peu. Au moins il n’y a pas de double entendre avec eux sur ce plan là.
Parce qu’évidemment, mon blog, ça me vulnérabilise forcément un peu (faut dire que je le cherche quand je mets mon adresse dans mon pseudo MSN… mais là n’est pas la question). Je ne parle pas d’attaques directes qui pourraient être arrivées en vrai à la suite de quelque chose sur mon blog. Enfin, il y a quelque chose qui est arrivé il y a deux ans, mais ça c’était spécial. Ah oué, et puis il y a un an et demi aussi, mais bon, c’est autre chose.
Ce que je veux dire en gros, c’est que parmi les gens à qui je parle, certains en savent plus à mon sujet que je ne l’imagine. Alors ça peut créer un déséquilibre. Bon, j’assume quand même le fait que je suis responsable de cet état de chose. Mais le fait que je sois sur le web ne m’autorisera pas forcément à retourner la situation de force.
Je n’aime pas trop parler de quelqu’un qui ne peut pas se défendre avec les mêmes moyens. Je veux dire par là que si quelqu’un n’est pas content de quelque chose que je dis à son propos sur le web, il faut qu’il puisse s’exprimer sur un espace qui est sien, sinon ce n’est pas juste.
Dans mon exposition de moi-même, je n’aime pas exposer les autres. Je l’ai fait souvent par le passé en publiant des photos sans demander leurs avis aux modèles, mais je répugne toujours un peu. C’est donc en partie pour ça que quand je parle de quelqu’un je mets rarement son vrai nom, pour le protéger, pour respecter le fait qu’il ne veuillle pas forcément se retrouver sur le web. Généralement, quand je mets le nom de quelqu’un, je fais attention que l’on puisse trouver d’autres sources et d’autres points de vue que le mien facilement sur le web. Quelqu’un qui a déja une centaine de résultats Google, ça va. Quelqu’un qui n’est pas sur le web, j’attendrai qu’il y soit pour le dévoiler vraiment.
On pourrait dire que je suis trop snob pour laisser des gens de la plèbe du monde pas connecté, et de ne parler que des vrais citoyens du cyberuniversweb. On pourrait dire aussi que de toute façon, si je ne parle de personne d’autre c’est parce que je ne veux parler que de moi, que je suis égoïste au dernier degré. Moi je n’y crois pas, je pense que c’est pas vrai (encore que, sur le point de l’égoïsme…). Je préfère laisser le choix aux gens de se charger de leur identité, au début c’est à eux de se faire leur trace sur le web, de la façon qu’ils préfèrent. S’ils ne préfèrent pas, je ne vais pas les y forcer.
Je parlais l’autre jour d’un certain nombre de filles dont les brefs instants que l’on avait échangés avaient ponctué ma semaine. Pour m’amuser, j’ai essayé de trouver des dénominations qui ne prenaient en compte que ce qui faisait d’elles chacune la plus jolie fille du monde. Je crois savoir que certaines d’entre-elles ont parcouru mon blog depuis. So what?
J’arrive donc à un paradoxe. J’écris un blog où je raconte des choses plus ou moins intimes, mais je ne veux pas que ces choses intimes puissent entrer en relation avec des éléments que la vie réelle pourrait me remettre entre les mains. Je ruse pour ne pas avoir à faire l’un ou l’autre des choix. Montrer des choses et des sentiments et risquer que ça se retourne contre moi, ou tout taire totalement, comme je l’ai plus ou moins fait? A ce moment là, je ne serais plus vraiment fidèle à ce que je voulais écrire dans ce blog. Et ça montrerait que finalement, mes lecteurs ont un pouvoir énorme sur ma rédaction de ce blog.
Quelles solutions?
Je pourrais ouvrir un blog soupape. anonyme. transformer tous les noms et raconter exactement ce qui se passe. mais je doute que ce soit la bonne solution. j’y viendrai peut-être.
Je pourrais aussi tout déballer. genre « aujourd’hui je suis déséspérément amoureux de marie-samantha mais chut je ne veux pas lui dévoiler ça brusquement », et que la marie-samantha en question lit ce blog (d’où déséquilibre et vulnérabilité), et que les choses tournent pas vraiment comme elles se seraient passées sans ce blog. (genre je finis par me jeter d’une falaise à cause de son refus de me prêter 20c qu’elles n’aurait pas (pour le café, les 20c c’est la moitié du prix))
Je pourrais aussi continuer à faire l’autruche, à ne parler de rien ni de personne, juste dire « oué, ça c’est sympa, oué j’ai trouvé ça sur le net c’est cool l33t gique link (via) »…
Mais quand j’ai terriblement envie de parler de certaines personnes, certaines personnes dont tout le monde pourrait aimer parler… je ne sais pas, ces certaines personnes pourraient être vraiment charmantes, sympathiques, aux sourires inoubliables et aux conversations passionantes…
Alors là, comment je fais?
Je dois prendre une décision. Et de cette décision dépendront beaucoup de choses.
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18 fév 2005 - 8:36 Marie
Je verrai bien…
Pour Joachim: Merci. Je n’ai en fait toujours pas de questions vraiment précises et structurées alors j’attends encore un peu. Et puis, en lisant quelques mots par-ci par-là, j’apprends gentillement et je cherche déjà mes réponses toute seule.
Pour Olivier from Paris: oui, je cicule à vélo, sauf ce matin car il faisait -10°C chez moi et que juste d’aller à la gare j’étais gelée. Et oui, j’ai un bonnet rouge. Mais des Marie à vélo et en bonnet rouge, dans le fond, il doit y en avoir pas mal. On se croit toujours la seule au monde et puis on passe sur le blauge à beleg et c’est la désillusion…
18 fév 2005 - 12:06 Marie
18 fév 2005 - 13:55 Mikaelweb
Bah, sa m’évitera de taper dans wordpress ;).
18 fév 2005 - 14:49 Olivier from Paris
18 fév 2005 - 15:10 Olivier from Paris
Pourquoi féminiser le con, qui n’a rien demandé d’autre que de désigner au masculin ce qui par essence est le plus féminin ?
Pourquoi ensuite le multiplier ?
Pourquoi enfin l’user afin de désigner la bêtise ?
Pourquoi le blanc est bien, le noir est mal ?
Pourquoi ?
« couilleries » !
Marie, jolis tes mots !
;o)
18 fév 2005 - 20:19 Joachim
18 fév 2005 - 22:15 Olivier from Paris
19 fév 2005 - 10:13 Marie
19 fév 2005 - 10:29 Marie
Les mots n’ont-ils plus le droit d’être juste beaux?
Et puis « couilleries » c’est plus fin que « couillonnades », plus futile (ou volatile… dure dure les mots du matin) que « conneries » et pas plus moche que « sornettes »
19 fév 2005 - 10:44 Marie
Ben voilà… et puis là j’vais aller manger des crêpes chez mes parents, c’est l’anniversaire à ma soeur.
19 fév 2005 - 16:26 Olivier from Paris
Je te disais pourquoi le tien l’est à mes yeux.
« Couillerie » me semble plus juste que « connerie ».
Je me demandais simplement pourquoi on (j’)utilise le con pour désigner la bêtise ? Pourquoi le con (un terme masculin qui désigne le féminin) serait-il la bêtise ?
Je crois qu’une couillerie est plus juste, mieux adaptée. Peut-être parce que la couille (un mot féminin qui désigne le masulin) est associée à la testostérone et qu’à mon sens la testo et la bêtise s’accordent mieux pour désigner ce qui par essence est masculin (la bêtise n’est-elle pas masculine ?).
Me dis pas qu’une couille peut être plus intelligente qu’un con, on s’en sortira pas… ;o)
Et tant qu’à faire, pourquoi dit-on du blanc qu’il est le bien et le noir le mal ?
Et pardon si mon explication ne te parle pas, mais un blaugue à mes yeux est un étallage de soi, que le blaugueur fait beaucoup pour lui en pensant parfois aux autres, un exercice qui le construit lui d’abord. Encore une fois, un blaugue est un journal intime pas intime. Ça ne veut pas dire que le blaugueur ne s’inquiête pas de ceux qui le lisent au contraire, mais se soucier des autres est aussi souvent un acte égoïste. En se souciant des autres on s’occupe avant tout de soi. Tu crois à l’altruisme gratuit et entier, toi ? On écrit pour être lu, par soi ou par d’autres, mais écrire est un acte égoïste. Si tu écris pour toi, pour te souvenir plus tard, ou pour construire ton avenir, l’écrit te concerne toi et ton égo. Si tu écris pour que d’autres te lisent, tu le fais alors en anticipant les réactions des-dîts autres, mais cela veut-il dire que l’égo n’intervient pas ? Si tu anticipes, tu te regardes le nombril, non ?
Couillerie… ;o)
Et pis, ben t’as raison, sornettes c’est ridicule… ;o)
Et pis chuis triste que tes roues ne tournent pas chez les suddistes… ;o)))
Et pis, bonnes crêpes !
19 fév 2005 - 18:25 Joachim
Marie: bonnes crêpes, et bon anniversaire à ta soeur =)
Olivier: j’aime bien ce que tu dis à propos du fait de bloguer. C’est une sorte d’égoïsme camouflé en ouverture sur le monde… enfin, je parle du blog tel que je le pratique, en « journal intime pas intime »…
19 fév 2005 - 20:14 Olivier from Paris