J’avais une bonne idée de truc à blogger. Un truc à propos duquel peu de personnes concernées ont blogué. Mais quoi ?
J’ai oublié. Subitement. Le temps de faire un tour des blogs aussi petit que me le permet mon 56k des temps de jadis, cette idée qui m’était venue brusquement m’a tout aussi furtivement quitté …
C’était quoi ? Allez, je cherche, j’arrête pas …
Oh, oui, ça avait un rapport avec les blogs, je crois. Une remarque qui apportait une lumière sur le phénomène, sans pour autant en rabacher les généralités qu’on entend lit si souvent.
Les blogs, on s’en sert comme on le désire, vu que c’est l’apothéose du temple à l’Ego … Chacun s’en fabrique un en fonction de ses capacités, dans le but qu’il se fixe, avec ses propres lois, sa propre ligne éditoriale (par exemple, moi je me fais un carnet journal que je pourrai lire dans 20 ans pour voir si j’ai changé … ma lettre à mon moi futur).
Bien sûr, il y a des temples/blogs plus ou moins bien faits, avec plus ou moins d’adorateurs de lecteurs, il y en a même qui ne sont pas basés sur l’égo de l’auteur mais sur d’autres sujets … la conaissance, l’information, etc…
Mais le phénomène des blogs a vu sa banalisation avec le coté « journal intime pas intime », chose qu’on voit le plus souvent dans la blogosphère à présent.
Et donc tout le monde se fait son monde à soi, raconte sa vie injuste de vie de lycéenne incomprise, ou encore sa passion immodérée pour les technologies de communication massive, ou même ses fantasmes les plus débridés sur la voisine du septième. Je ne me souviens plus qui avait dit « Donnez 40 million de machines à écrire à 40 millions de singes, pas un seul ne pourra écrire du Shakespeare ». Outre la féroce discrimination anti-simiesque, cette phrase en apparence anodine révèle une profonde vérité : Shakespeare aurait fait un bien piètre blogueur.
Non, là je remonte le mauvais fil de pensées.
C’est drole, je pensais à un truc bloguable, intéressant et marrant (un peu comme moi, je pense), et j’arrive pas à m’en souvenir, donc je blogue quand même, sur mon échec à me souvenir de ce que je voulais communiquer, sur cet édit de mon temple de l’ego…
Le blog en tant que journal, c’est un peu la mise en avant de ses échecs, parfois même la romantisation voire même la dissection pseudo-sociologique d’un phénomène planétaire pour pallier à une banale pensée perdue.
Et puis je suis sur que cette idée, après tout, n’était pas si géniale que ça, et comme d’habitude je vais avoir l’air con. Non pas que j’aime ça, mais l’habitude aidant, ça fait mieux passer la chose. Et pusi l’autre disait bien « Nul n’est prophète en son pays », donc comme je suis ici sur mon territoire, mon temple à mon égo, je ne peux pas y avoir l’air con, non ?
Voilà, je savais bien que de longs discours délayaient la soupe, et que ça m’aiderait à retrouver ce que je voulais dire !
Chez Mars Hotel, Gino parlait de ce petit printemps brusque qui s’est abattu sur Bordeaux ces deux dernière semaines … Un temps doux, sans nuages, juste ce qu’il faut de vent pour ne pas avoir froid, que du soleil, mais qui ne fait pas vraiment mal, vu qu’il reste bas sur l’horizon …
Ca fait du bien, ce temps, on se croit enfin sortis de l’hiver … Certains ne sont pas contents, surtout parmi les amateurs de glisse de la classe… A l’approche des vacances il n’y aurait pas de neige dans les Pyrennées … N’empeche que c’est bon qu’il fasse bon, et c’est beau de voir qu’il fait beau, après tout.
Voilà ce que je voulais dire, la fameuse idée qui vous a fait perdre votre temps au moins pas autant que moi (écrire est plus long que lire, à part pour certaines catégories de romans de gare qui semblent générés par des programmes informatiques, mais c’est un autre débat qui intéressera d’autres genres de personnes : les amatrices de romans de gare et les amateurs de programmation pour de rire)…
Ce qui m’a frappé quand j’ai repensé au temps qu’il faisait, c’est que toute la semaine je n’ai fait qu’y penser, mais jamais il ne m’est venu à l’idée que ça pouvait être bloguable, you know, genre, je pouvais bloguer de tout, genre le crush que j’ai sur la nouvelle tite secrétaire de l’école, ou la sortie de la derniere version de Firebird Firefox, ou même que je vais au concert de Jet la semaine prochaine mais que je sais même pas encore comment je vais y aller…
La principale des civilités, lorsqu’on socialise avec des gens, c’est de leur demander l’heure, ou une cigarette, ou leur dire qu’il fait doux pour la saison, quoiqu’on eût pu supporter un peu plus de soleil … A l’école, c’est pas qu’on n’a pas grand chose à se dire, mais ça tournait rapidement autour du temps qu’il faisait, qu’on était bien à se sentir bien sous ce temps ma foi tout à fait supportable…
Quand on parle avec des gens qu’on ne connait ni d’Eve ni d’Adam, on leur parle de la pluie et du beau temps, c’est ça qu’est bon, c’est ça qu’il faut faire !
Alors pourquoi sur Internet, lorsqu’on s’exprime à 40 millions de lecteurs potentiels qui sont pour la plupart des gens qu’on n’a jamais rencontré, on leur parle si rarement du temps qu’il a fait hier ?
hier, il a fait beau, un peu frais, mais très bon pour la saison, peu de nuages, et juste un peu de vent. aujourd’hui il y avait un peu de brouillard bizarre, mais c’était agréable, le temps, à la pause café… et chez vous ?
Bon, allez. Geeks, pas geeks, lycéennes, pas lycéennes, obsédés refoulés pervers ou non, camarades blogueurs je vous mets au défi, tous autant que vous êtes. Racontez, exprimez-vous sur le temps qu’il a fait hier, chez vous, comment vous l’avez ressenti … Allez, 40 millions de gens veulent savoir !
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13 fév 2004 - 19:35 Wh0
Aujourd’hui superbe temps sur Paris, un peu de gelée matinale, mais le soleil a brillé avec ardeur le reste de la journée. :p